Cours du 5 mars 2018

26 mai 2018

Thème du cours : Le mal et les protecteurs contre le mal

Extrait : le mystère du mal

Je vais rapidement traverser la question du mal car je n’ai aucun goût pour m’y attarder. Il faut bien en parler mais le faire assez rapidement pour ensuite aller voir la partie lumineuse, c’est-à-dire ce qui nous protège contre le mal, voir quels sont les recours que nous avons pour nous en protéger.

Le dernier mot de l’énigme du mal nous échappera toujours. « Nos révoltes par rapport au mal sont semblables aux aboiements d’un chien fou » (Shakespeare – Antoine et Cléopâtre). Le mal nous rend fou car nous ne le comprenons pas. Nous hurlons contre le mal comme les chiens hurlent à la lune, contre une ombre qui les effraie. Il existe d’ailleurs un rapport ésotérique profond entre la lune et le mal. La lune est l’amie des sorcières !

Vivre spirituellement c’est accepter de tenir fermement une chaîne par les deux bouts. A un bout de cette chaîne, il y a le fameux « Deus caritas est » (Dieu est Amour) de saint Jean, une des phrases les plus puissantes des Evangiles. Rappelons que la traduction en français de « Deus caritas est » par « Dieu est charité », (et derrière la charité il y a l’aumône) l’affaiblit beaucoup. Et, à l’autre bout, il existe quelque chose qu’on appelle le mal, qui n’est pas simplement une absence de bien, une défaillance, mais une énergie réelle, présente, active, obscure, dangereuse, nocive, offensive, conquérante. On se sait pas d’où elle vient, ni pourquoi elle est là, mais elle existe en soi, elle rôde, elle conspire, elle frappe et se promène dans le monde depuis que le monde est monde. Elle semble être en contradiction avec la première affirmation « Deus caritas est ». Et il ne s’agit pas d’essayer de réconcilier ces deux aspects de la réalité par des acrobaties intellectuelles.

Vivre spirituellement c’est accepter de tenir cette chaîne par les deux bouts et accepter ce mystère du mal. Puis, rentrer dans ce mystère, dans sa nuit, et ensuite invoquer pour essayer de trouver une réponse qui ne relève pas de la raison. Alors, une réponse peut parfois venir mais la réponse ne sera pas la même pour tout le monde. Un mot, un seul peut-être, sera donné à chacun d’entre nous, mais ce ne sera pas le même mot et ne sera pas forcément communicable. Ce mot sera pour celui qui invoque, rien que pour lui, probablement intransmissible, cela relèvera tellement de l’intime que toute tentative pour le partager sera impossible.

Quelquefois, ceux ou celles qui sont allés très loin dans ce mystère tentent de formuler cette lueur. Sainte Thérèse d’Avila a probablement obtenu une réponse à son invocation et a tenté de la formuler par ces mots : « le démon (le mal) est un chien qui aboie au dehors ». On voit que le thème du chien revient souvent en association avec le mal. Le mal n’est pas à l’intérieur, il est à l’extérieur, il rôde et, ensuite, peut-être que nos défaillances, nos imperfections peuvent laisser pénétrer en nous un peu de cette force du mal. Nous laissons alors, involontairement, le mal pénétrer en nous par ces failles. Mais on peut aussi le laisser entrer volontairement, c’est ce que font les magiciens noirs.

Image : Thérèse d’Avila

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